Lettre d'information de l'Association pour l'Autogestion n° 2 - Décembre 2011

 

Gouvernement "d'experts" contre pouvoir des citoyen-nes

Le mépris pour la parole des citoyens et le suffrage universel, voilà la réponse que les « marchés », les institutions internationales et nombre de commentateurs ont opposé au projet de référendum en Grèce. Ce n’est pas ici le lieu de s’attarder sur les motivations qui ont conduit Papandreou à vouloir soumettre le plan d’austérité imposé par « l’Europe » (comme si Merkel, Sarkozy et consorts représentaient les peuples du continent). Notons simplement que pour le personnel politique, économique et financier, et tout ce qui se considère comme « l’élite » intellectuelle et journalistique, la moindre idée que le peuple s’exprime sur ce qui le concerne est « irresponsable ». Paradoxalement, c’est la Grèce, berceau de la démocratie athénienne et première expérience de démocratie directe, qui a été la cible des marchés qui ont préféré que la politique soit faite par les « experts ». En présentant la finance et la banque comme des activités apolitiques se situant au dessus de la mêlée, ils rejettent l’idée de tout contrôle démocratique. C’est ainsi que les nouveaux gouvernements de la Grèce et de l’Italie ont été nommés sans aucune autodétermination populaire.

De l’autre côté, des producteurs et des citoyens démontrent leurs capacités à proposer des plans alternatifs dans des entreprises condamnées arbitrairement par leurs propriétaires. Deux grandes nouvelles ont marqué les luttes des Fralib et des SeaFrance. Le 17 novembre, la Cour d’appel d’Aix-en-Provence a annulé le Plan de « sauvegarde » de l’emploi de la société Fralib. En clair, c’est la deuxième fois que le groupe Unilever voit son plan de fermeture de l’usine de Gémenos (13) retoqué par la justice. De quoi renforcer les salarié-es dans leur négociation pour obtenir la marque l’Elephant et l’usine que le groupe veut fermer.

Les salarié-es de SeaFrance, la compagnie de ferries trans-Manche, ont aussi obtenu des points importants dans leur projet de reprise en SCOP. Le 16 novembre, le Tribunal de commerce de Paris a maintenu l’activité jusqu’au 28 janvier tout en rejetant l’offre de reprise de DFDS, compagnie danoise, dont le plan prévoyait de nouvelles suppressions d’emplois. Cette annonce a été accueillie avec soulagement par les salarié-es dans la mesure où elle leur laisse le temps de finaliser le projet de reprise. Une bonne nouvelle n’arrivant pas seule, la région Nord-Pas-de-Calais s’est engagée à réaliser un apport financier de 10 millions d’euros, ce qui constitue une bonne base pour réaliser un effet de levier permettant d’obtenir les 20-25 millions d’euros nécessaires à la reprise de l’activité. Tout indique que ce projet pourrait bien voir le jour.

Colette Web

 


Dans le site ce mois-ci

picture Autogestion et dette publique

La crise de la dette de l’euro-zone n’en finit pas d’en finir et rythme désormais l’agenda politique. Partout, des politiques d’austérité se mettent en place qui, généralement, produisent l’effet inverse de l’objet initial. Ces politiques d’austérité freinent la croissance, quand elles ne provoquent pas la récession (cf. la Grèce avec 11% de recul du PIB sur 3 ans), ce qui amoindrit les rentrées fiscales et augmente l’endettement des pays (l’endettement de la Grèce sur cette même période a bondi de 115% à 145% du PIB). Continuer la lecture

picture Michel Pablo

Michel Pablo est le pseudonyme sous lequel Michel Raptis est le plus connu. Grec, né à Alexandrie en 1911, il meurt en février 1996 à Athènes. Etudiant à l’Ecole polytechnique d’Athènes, il s’engage en 1928, dans le mouvement ouvrier par le groupe des « archeo-marxistes », s’inscrivant dans « l’opposition de gauche internationale» trotskyste, qui devient IVème internationale en 1938.   Continuer la lecture

picture L'autogouvernance des biens communs : l'approche d'Elinor Ostrom

La pensée sur l’autogestion entretient de nombreuses parentés avec les recherches menées sur les biens communs en économie. Le travail d’Elinor Ostrom constitue un canevas pour comprendre comment des communautés d’individus parviennent à s’auto-organiser pour gérer des ressources commune, dans certains cas plus efficacement que via le marché ou l’EtatContinuer la lecture

picture SeaFrance reprise pas ses salarié-es ?

Après le dépôt de bilan de SeaFrance en juin 2010, la compagnie de ferries trans-Manche Calais-Douvres se trouve face à une alternative : le rachat de la société par DFDS, opérateur danois qui démantèlera encore plus l’entreprise pour récupérer ses actifs les plus rentables au mépris des personnels ou la reprise de l’entreprise par ses salarié-es sous forme de SCOP. Continuer la lecture

pictureMarinaleda, un village en utopie

Ce film est un reportage sur la vie de Marinaleda, village andalou proche de Séville, où se mène depuis plus de trente ans une expérience originale de lutte pour la dignité de ses habitants. L’histoire commence en 1979 lors des premières élections municipales de l’ère démocratique où un communiste, Juan Manuel Sánchez Gordillo, est élu.  Continuer la lecture

 

A signaler dans les rubriques

Archives et Documents

Nous entamons une série de portraits des femmes de la Commune de Paris de 1871. Le premier portrait est celui d'Elisabeth Dmitrieff

 

Autogestion et socialisme : Michel Pablo revient sur trois expériences : la démocratie athénienne, la Commune de Paris et la révolution russe. Ce texte est issu de l’intervention de l’auteur à la deuxième conférence sur l’autogestion en 1977.

 

L'autogestion au présent

Fralib, provocations patronales

 

 

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