Lettre d'information de l'Association Autogestion n° 52 - Juillet 2016

Le référendum est-il

une solution à tout ?

Referendum en Grande Bretagne, référendum en Loire-Atlantique. Démocratie ? Plebiscite ? Populisme ? Les résultats en Loire Atlantique ne sont pas satisfaisants pour la plupart d'entre nous ; les arguments en faveur du « Brexit » ont surtout été orchestrés par ceux qui ont usé et abusé de la xenophobie. D'un autre côté, pour discréditer le peuple (surtout quand il « vote mal ») on dénigre le « populisme », comme si c'est de peuple qu'il fallait changer là où les dirigeants ont fait faillite. Il est même des cas où quand ce peuple vote « mal » (ou peu) l'on supprime les élections au profit de la désignation, comme en France avec la réforme des conseils de prud'hommes.

Tout référendum est-il démocratique ? Non, loin de là. Il y a d'abord le « référendum plebiscite » qui permet à un « homme providentiel » (Napoleon III, De Gaulle) d'asseoir son pouvoir en mettant en jeu non la question officiellement posée mais son propre statut. Il y a ensuite les conditions de préparation du réferendum, ses contours.

Prenons l'exemple des référendum sur les traités européens, Maastricht ou le Traité constitutionnel de 2005. Le débat a véritablement eu lieu dans l'ensemble du pays dans les deux cas de figure. Simplement les élites dirigeantes ont nié le résultat qui ne leur convenait pas (le « non » de 2005) en méprisant celles et ceux qui ont voté non (accusés d'avoir voté par « passion », affectivité, réaction alors que les partisans du « oui » ont agi par « raison »), et surtout en signant les traités malgré la volonté générale. Alors que la gauche du non avait été unie et mené une campagne claire et efficace en France en 2005, tel n'a pas été le cas en Grande Bretagne où la gauche a été divisée notamment en fonction des territoires : Ecosse, Irlande du Nord, Pays de Galles, Angleterre. C'est que se superposent sur la question de l'Europe les questions sociales et la question que l'on peut qualifier de nationale. A quel niveau la décision ?

Sur le référendum de Notre-Dame des Landes, ce sont les habitants de Loire-Atlantique qui ont voté. Mais qui en a décidé ainsi ? L'aéroport projeté est d'intérêt immédiatement local, quasiment de voisinage (et non du département), autant que nationale puisque depuis des années, c'est à ce niveau que se sont menés les débats... et les combats. Et qui a décidé de la formulation des questions ? Qu'en est-il de possibilités de présenter des projets différents ? En réalité, la démocratie ne se limite pas à l'exercice référendaire mais à l'existence de débats, d'élaborations de projets pouvant être proposés par divers regroupements, avec concertation, confrontations au sein d'assemblées en préalable à la consultation générale de ratification ou de rejet.

Mais évidemment tout ceci suppose un autre fonctionnement de la société, et d'autres institutions tant à l'échelon local qu'à l'échelle européenne.

Colette Web

A signer sans délai : la pétition de l'Union Régionale des Scop Rhône-Alpes sur Ecopla,

adressée à Président de la République française François Hollande

"Notre ami c'est l'emploi, la situation d'Ecopla ne peut plus durer"

https://www.change.org/p/ecopla

pictureEcopla : « l'état ne peut être schizophrène »

En dépit d'un jugement défavorable du tribunal de commerce de Grenoble, les anciens salariés d'Ecopla basée à Saint-Vincent-de-Mercuze ne baissent pas les bras et occupent leur usine pour empêcher le déménagement en Italie des machines de la dernière unité de production de barquettes en aluminium. Ce jeudi 30 juin, ils tenaient une conférence de presse sur le site où des habitants de la région et de nombreux élus de tous bords sont venus leur apporter leur soutien. Continuer la lecture

Sur le site, ces derniers jours...

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De Palente à Thessalonique... La situation en Grèce est catastrophique. Certes ! L'Union européenne y mène une politique criminelle. Certes ! Le 2e gouvernement Tsipras… Certes ! Les conditions dans lesquelles s'ébrouent les alternatives autogestionnaires concrètes sont extrêmement défavorables. Certes ! … Certes ! … Certes ! Et pourtant elles tournent… L'usine autogérée Vio.Me à Thessalonique, où s'organisent les 2e rencontres euro-méditerranéennes de l'économie des travailleur-euses, sera leur point de ralliement les 28, 29 et 30 octobre prochains. Continuer la lecture

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L'automation peut-elle permettre la liberté? C'est à cette question que répondait l'article d'Yvon Bourdet que nous publions aujourd'hui. La révolution technologique, écrivait-il à l'instar de Pierre Naville (Vers l'automatisme social ?, 1963, rééd. Syllepse, 2016), «ouvre les possibilités d'un accroissement des moyens de production et d'autodétermination et [permet] d'adjoindre à la critique du Capital, celle des […] labyrinthes […] qui entretiennent la coupure de classe de la société ». Première partie Seconde partie

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« Dans une entreprise, si vous n'avez pas de salariés déterminés, mobilisés avec des représentants qui le sont autant, des syndicats comme ceux que vous avez à Fralib, vous pouvez mobiliser tous les moyens juridiques que vous voulez, prendre les meilleurs avocats, vous êtes certains de ne pas aboutir à des résultats intéressants. »
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