Mois : novembre 2012

Mohammed Harbi, un combattant de la démocratie et de l’autogestion

Mohammed Harbi   est  né en 1933 à El Harrouch (Skikda). Il s’engage dès l’âge de 15 ans dans le combat contre le colonalisme et pour l’indépendance de l’Algérie. D’abord au PPA-MTLD, il est un responsable de l’organisation des étudiants nord-africains en France, puis membre de la direction de la Fédération de France du FLN où il s’occupe de la presse et de l’information.  C’est en France qu’il a l’occasion de rencontrer des militants ouvriers et intellectuels comme Daniel Guérin (qui dans Ci-git le colonialisme confirme que Mohammed Harbi est le rédacteur du texte de la Fédération de France sur le FLN, « le PCF et la question algérienne » paru dans Quatrième internationale en 1958). Il participe aux premières négociations d’Evian et, après l’indépendance, conseiller de la présidence sous Ben Bella. Dans Une vie debout, il retrace cet itinéraire, jusqu’en 1962 pour le premier volume (le deuxième est en chantier). Après l’indépendance il s’affirme comme un des penseurs et praticiens de l’autogestion, qui se heurte à une bonne part de l’appareil politico-administratif et militaire. Il participe à la rédaction du programme de Tripoli, dirige le journal Révolution africaine, est conseiller auprès de la présidence sous Ben Bella, et plus particulièrement anime avec d’autres (dont Michel Pablo – Raptis)  le bureau national d’animation du secteur socialiste. Arrêté en 1965 au moment du coup d’Etat de Boumedienne, il est emprisonné, puis placé en...

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Coopératives, marché et transformation sociale

Un article paru dans Cerises n° 153 : version complète Les années 2010 et 2011 ont marqué un tournant dans les luttes sociales en défense de l’emploi. Dans de nombreuses sociétés (Helio Corbeil, SeaFrance, Inter 59, Fralib…), les salariés ont perçu la reprise de l’entreprise sous forme coopérative comme étant la solution qui permet de préserver l’emploi. Pour autant, les échecs existent et la forme SCOP est tout, sauf une baguette magique. Le cas des salariées de l’entreprise Starissima (cf. le film « Entre nos mains » de Mariana Otero) qui n’ont pu faire aboutir leur projet de reprise suite au défaut d’un client en est un exemple parmi d’autres. D’un autre côté, en cas de succès, on constate un phénomène de dégénérescence des coopératives qui les renvoie vers un fonctionnement de plus en plus capitaliste, à l’image des dernières évolutions du complexe coopératif de Mondragón. Dans les deux cas, la faute au marché. Ceci est loin d’être nouveau et a été pointé aussi bien par le mouvement coopératif lui-même (Charles Gide et l’Ecole de Nîmes) que par le courant marxiste. C’est la raison qui explique que pendant longtemps, la coopérative d’usagers a été préférée à la coopérative de production. Dans la première forme, ce sont des individus qui se regroupent pour répondre à un besoin social et qui, de ce fait, semblerait casser la logique du marché alors que dans la...

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Algérie 1962-1965 Autogestion mythe ou réalité? (suite): Deux textes de Mohammed Harbi.

  Nous publions ci-dessous la contribution de Mohammed Harbi, dans Autogestion, hier, aujourd’hui, demain, (Syllepse, 2010), accompagné des annexes qui suivaient dans le livre (article de Raptis, décrets de 1963, circulaires, articles, documents visés par le texte de M. Harbi), ainsi que des extraits de l’entretien accordé aux Temps Modernes en juillet 1982 « l’expérience de 1962 à 1965, sa portée, ses limites ». (Photo : Explication des décrets de mars, meeting de l’Amicale des algériens en France. (Au milieu, Mohammed Harbi); Coll. privée. LA DEMOCRATIE AUTOGESTIONNAIRE ALGERIENNE A L’EPREUVE Lorsqu’à l’automne 1963, le président Ahmed Ben Bella décide l’organisation d’un congrès des travailleurs du secteur agricole autogéré, baptisé à tort congrès des fellahs, la première question posée est de savoir qui devait l’organiser. Le Front de libération nationale (FLN), dont l’appareil est encore en gestation après son implosion au cours de l’été 1962, le Bureau national d’animation du secteur socialiste (BNASS), maître -d’œuvre des décrets de mars 1963, l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA) ou le ministère de l’agriculture et de la réforme agraire, bras exécutif de la politique agricole. Dans une interview à Révolution africaine (juillet 1963), Ahmed Ben Bella estime qu’il revient au syndicat de prendre le secteur socialiste en main. Tournant le dos à cet engagement, il confie la préparation du congrès au FLN. Ce revirement s’explique par le discrédit de la direction de l’UGTA. Parvenue au sommet de l’organisation à...

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Un droit de préemption pour les salariés

Suite à différentes rencontres entre acteurs de l’économie sociale, tout particulièrement la Confédération générale des SCOP, et différents parlementaires, l’Association Pour une Economie Equitable, a rendu public le 6 novembre 2012 un projet de loi établissant un droit de préemption pour les salariés s’appliquant à toute cession partielle ou totale du droit de propriété, pour toute structure ayant au moins un salarié. Dans un tel cas, le dirigeant ou les cédants doivent consulter les salariés dans le cadre d’une réunion d’information appelée en respectant un délai de 15 jours. Si durant cette réunion, les salariés souhaitent reprendre leur entreprise sous une forme coopérative, les cédants doivent notifier le prix et conditions de la cession projetée dans un nouveau délai de 15 jours. Les salariés disposent alors d’un délai de 30 jours ouvrables, pour confirmer leur intention de préempter aux prix et conditions fixées, intention pouvant être assortie d’une « condition suspensive de crédit ». Dans un tel cas, les salariés disposent d’un délai de deux mois pour la réalisation de la vente à compter de la date d’envoi de leur réponse au cédant. Le texte du projet de loi...

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Autogestion, mythe ou réalité? (Algérie 1962-1965) suite

Pour préparer la rencontre-débat du 30 novembre à la Bourse du travail, nous continuons à mettre à disposition des documents et références. Ci-contre, de gauche à droite, Hadj Benalla, Ben Bella, Mohammed Harbi,  Alger, avril 1964, (photographie de Ahmed Ferrah. Coll. privée) A voir sur le site L’INA , « Un an après, l’Algérie de Ben Bella », émission Cinq colonnes à la une du 5 juillet 1963. L’extrait dure 15min18s, à partir de 1 mn 30, plusieurs minutes consacrées à l’autogestion. Dans la presse militante, les décrets de mars 1963 et leurs suites ont donné lieu à l’époque à des commentaires. Vous en trouverez ici quelques exemples : un article de Albert Roux, « Tripoli efface Evian,  : le peuple algérien s’est engagé dans la voie du socialisme » dans Tribune socialiste du 13 avril 1963; de Daniel Guérin, « le congrès du FLN  devant l’option socialiste » dans le Monde Libertaire de mai 1964. Daniel Guérin est aussi l’auteur d’un rapport à Ben Bella, « quelques observations sur l’autogestion », fin 1963.  Dans le journal l’Internationale de la section française de la Quatrième internationale, dans le numéro de mai 1963,une déclaration, »la nouvelle phase de la révolution algérienne », suivie d’un article de Michel Fiant, « vers un gouvernement ouvrier et paysan en Algérie »;  Michel Pablo écrit en avril 1963 « La révolution algérienne en marche » et en septembre 1963  » à la veille de l’étape décisive ». Dans un...

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