ElodieGroutsche-FralibSamedi 7 décembre est une journée de mobilisation est faveur des salariés de Fralib. Depuis trois ans, ces salariés se battent contre la fermeture de l’usine de conditionnement de thés et d’infusions de Géménos (13). Ils opposent aux plans d’Unilever une reprise de l’entreprise par les salariés sous forme de SCOP, avec relance d’une filière locale d’arômes naturels. Un projet à la fois écologique et éthique. Pour que ce projet puisse vivre, les salariés exigent la cession de la marque Eléphant ainsi qu’un plan de commandes dégressif sur quelques années permettant à la SCOP de trouver de nouveaux débouchés. Jusqu’à présent, Unilever refuse toute négociation. Nous avons interviewé Élodie Groutsche, syndicaliste CGT de l’entreprise Fralib.

Quelle est la situation du conflit suite au jugement du 22 octobre 2013 ?

Suite à l’annulation le 28 février 2013 du troisième plan social proposé par la direction, le groupe Unilever a décidé de suspendre unilatéralement le paiement des salaires à compter du 1er avril 2013, se retranchant derrière le fait qu’il ne dispose plus des locaux et des machines pour faire travailler le personnel. C’est un faux prétexte. Ces locaux ont été acquis par la Communauté Urbaine de Marseille et restent à la disposition de Fralib si ceux-ci souhaitent redémarrer la production. Nous avons dû saisir le juge d’exécution pour faire préciser la portée de ce jugement. Le rendu du 22 octobre est très clair : suite à l’annulation du troisième plan social, il enjoint à la direction de reprendre la procédure au début et de présenter un quatrième plan social intégrant l’ensemble des 182 salariés y compris ceux qui ont conclu des transactions séparées avec la société.

Le paiement des salaires a donc repris ?

Pas du tout et ce, alors que ce rendu confirme que nous sommes toujours salariés de l’entreprise. Nous sommes dans l’attente de la signification de cette décision auprès de Fralib et dans l’immédiat, la direction est muette. Un  comité central d’entreprise a été convoqué le 8 novembre. La réunion a été immédiatement suspendue et il a été convenu de se retrouver le 19 novembre. Il est clair que ce rendu est une claque pour Unilever qui se décrédibilise face au reste du patronat. Désormais, le groupe aurait tout intérêt à ne pas appliquer la décision de justice mais pour cela, il est nécessaire d’engager une négociation sérieuse. Notre objectif est le maintien du site de Gémenos par le redémarrage de notre activité sous forme de SCOP. Mais pour que nous ayons le temps de retrouver des clients et recréer des filières d’approvisionnement, nous exigeons que le groupe nous laisse la marque Éléphant qui n’est utilisée qu’en France et à nous confier des volumes de sous-traitance pour quelques années.

Quelles actions envisagez-vous à l’avenir ?

La pression sur le groupe Unilever ne se relâchera pas et le boycott de l’ensemble des produits Unilever doit s’organiser. Le 7 décembre sera une journée de mobilisation nationale dans tous les supermarchés pour sensibiliser les citoyennes et citoyens aux pratiques de ce groupe. Des tracts seront distribués sur lesquels figureront l’ensemble des marques Unilever. Les consommateurs seront invités à boycotter les produits ou encore mieux, à remplir des caddies de produits Unilever qui seront laissés dans le magasin avec un tract expliquant les raisons de ce boycott.

Pour en savoir plus :

Le tract des Fralib

Le site des Fralib : http://cgt.fralibvivra.over-blog.com/

Un appel de 19 personnalités et des salariés de Fralib à participer à la journée du 7 décembre : https://autogestion.asso.fr/?p=3627

Page Facebook : https://www.facebook.com/liberezelephant

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