René Lourau est né en 1933 à Gelos, près de Pau, et meurt le11 janvier 2000. Il  était professeur émérite de sociologie et de sciences de l’éducation à l’université de Vincennes Paris 8.

Lié en tant que praticien et en tant que chercheur,  au mouvement de l’autogestion pédagogique, il a été en 1964 un des fondateurs du Groupe de pédagogie institutionnelle avec Raymond Fonvieille, Michel Lobrot  et a été un des théoriciens de l’analyse institutionnelle aux côtés notamment de Georges Lapassade et de Félix Guattari.

Après l’école normale de Cachan, il devient professeur de français. Inspiré par les idées autogestionnaires dans les années 1960, il met ses classes de Aire-sur-Adour en autogestion. Henri Lefebvre lui propose en 1966 de devenir assistant de sociologie à Nanterre. (Daniel Cohn-Bendit a été son étudiant). Dans les années 1964-1971, il élabore avec Georges Lapassade une méthode d’analyse institutionnelle en situation d’intervention : la socianalyse.

Photo : René Lourau de face (à droite), avec Georges Lapassade)

Sa thèse d’état, L’analyse institutionnelle, est publiée en 1969 aux éditions de Minuit.  Dans les milieux pédagogiques, son nom évoque les premières expériences de pédagogie autogestionnaire. Il en a été praticien d’abord comme professeur de lycée puis comme universitaire avec la mise en autogestion du département de sociologie de Poitiers alors que René Lourau en était directeur en 1972-74. Il y organise une crèche dans le département pour les enfants de ses étudiants. « Non-conforme », (les autorités lui reprochent son système de validation), il est suspendu. Malgré l’annulation de la décision par tribunal administratif de Poitiers, il est affecté à Vincennes en 1975, et y enseigne jusqu’à sa retraite en septembre 1999. Accueillant des étudiants du monde entier dont il dirige les thèses,. lui-même est fréquemment invité dans les pays de langue latine (Italie, Espagne, Portugal, Argentine, Mexique, Brésil…) où ses livres sont traduits systématiquement..

En sociologie il a été souvent perçu comme un chercheur  » à part « , persistant à vouloir mettre en analyse l’institution scientifique elle-même et d’en énoncer ses déterminations étatiques. Mais tout en restant, tout au long de son cheminement de chercheur, extrêmement critique sur l’institution scientifique, René Lourau ne s’en est jamais retiré. Ce travail d’analyse critique, il l’a entrepris  » de l’intérieur  » en interrogeant systématiquement les implications matérielles, économiques, politiques… des chercheurs.

Il a publié 19 livres, Chez Anthropos, il a publié : L’instituant contre l’institué (1969), Les analyseurs de l’Église (1972), Interventions socianalytiques (1996), Implication et transduction (1997) et La clé des champs, une introduction à l’analyse institutionnelle (1997). À l’Épi, il a publié:L’illusion pédagogique (1969), Analyse institutionnelle et éducation (1971), Sociologue à plein temps (1976). Ses Clés pour la sociologie (1971) avec Georges Lapassade sont fréquemment rééditées. Signalons encore L’analyseur Lip et Le gai savoir des sociologues (UGE), L’État inconscient (Minuit, 1978), L’autodissolution des avant-gardes (Galilée, 1980), Le Lapsus des intellectuels (Privat, 1981).

Ces ouvrages sont présentés Dans Institution et Implication L’oeuvre de René Lourau (Ahmed Lamihi et Gilles Monceau dir.), paru aux éditions Syllepse en 2002. http://www.syllepse.net/lng_FR_srub_76_iprod_157-Institution-et-implication.html

 

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