En 2001, la crise qui s’abat sur l’Argentine laisse le pays exsangue. On connaît la réponse des ouvriers de l’usine de céramique Zanon qui remettent en route leur usine sous la forme d’une coopérative.

Il y a d’autres exemples. À Buenos Aires, trente ouvriers au chômage occupent leur usine abandonnée (Forja San martin) par les patrons et refusent de la quitter. De l’occupation à l’expropriation (The Take) et à la remise en route, il y a un long chemin pavé de bonnes intentions et de chausses trappes posées par les patrons, la police, le gouvernement mais  aussi par ce qui se passe dans la tête des ouvriers de cette usine que l’on voit, pleins d’hésitations devant les problèmes à résoudre, pour arriver aux termes de cette lutte. Et le terme de cette lutte c’est l’autogestion de l’usine.

Ce docu-drama est d’abord un journal de bord du quotidien en Argentine qui photographie un moment de ces mini révolutions qui ne veulent pas en être. Au départ il y a le chômage causé par la crise qui s’abat sur l’Argentine et le départ des patrons qui laisse les ouvriers non seulement sans ressource mais aussi sans perspectives.

Freddy Espinosa, président de la nouvelle coopérative des ouvriers de la Forja et Lalo Paret, activiste du Mouvement national des entreprises récupérées, vont faire face avec leurs camarades à leurs anciens patrons, aux banquiers et au système tout entier.

Il leur faut tout imaginer pour faire face aux problèmes qu’ils rencontrent : le quotidien c’est-à-dire faire vivre sa famille, la technique qu’ils connaissent bien mais qu’ils doivent aussi conforter pour relancer la production, le juridique pour se faire reconnaître le droit d’être en coopérative, vaincre la police qui ne cesse de faire des provocations. Et aussi et surtout maintenir le collectif sans lequel rien n’est possible, ce qui signifie non seulement la nécessité mais l’obligation de la démocratie. Mesurer aussi la solidarité qu’ils peuvent trouver chez les ouvriers et les salariés dans leur lutte.

Ils font tout ce chemin et le film raconte toutes ces étapes sans tomber dans le pathos ni la naïveté. De fait ils construisent une stratégie pour y arriver. Rarement une telle démonstration politique n’a été aussi concrète. À l’arrivée, un documentaire émouvant et stimulant. Faire d’un ticket de cinéma un antidépresseur à la résignation n’est pas la moindre des vertus.

Film Canadien de Avi Lewis et Naomi Klein, 1 h 27.

Ce film est aujourd’hui intégralement disponible sur le Web :


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