Author: colette

Mars : Le miroir aux alouettes des municipales.

Le droit social part en fumée et François Hollande s’apprête à en consommer les dernières brindilles avec l’ANI. Que reste-t-il de la démocratie municipale ? Pas grand chose rien mais l’illusion est quasi parfaite. A un an des municipales, les manœuvres ont largement commencé. Pourtant, les carottes sont cuites avec la loi dite de la « réforme des collectivités locales » (RCT) entrée en vigueur le 1er janvier. Elle transforme profondément toutes les structures territoriales et, en particulier, les pouvoirs des conseils municipaux dont il ne reste plus grand-chose. Le gouvernement a déposé deux projets : un projet sur les modalités d’élection des conseillers généraux, régionaux, municipaux et intercommunaux, présenté par Manuel Valls, et un projet de décentralisation présenté par Marylise Lebranchu. Ces lois sont en discussion au parlement. Il reste les communes. Avec la RCT, elles ont l’obligation de se regrouper en « Établissements Publics de Coopération Intercommunales » (EPCI) d’un minimum de 5 000 habitants qui prend en charge la quasi-totalité des pouvoirs assurés par les municipalités jusque maintenant. Les syndicats de moyens sont intégrés d’office dans ces nouvelles structures. La RCT est lourde de conséquences et parfois inapplicable dans le monde rural. Idem dans les gros bourgs, les petites villes et les villes moyennes. Les communes déjà fragilisées par la suppression de la taxe professionnelle se retrouvent pratiquement sans capacité de décisions par cette organisation. Curieusement la compétence générale leur est maintenue mais…...

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Février : Les paradoxes du gouvernement

Une loi sur l’Économie sociale et solidaire (ESS) est en préparation dans le cabinet de Benoît Hamon, ministre délégué auprès du ministre des finances. Bien que non encore publiée, il y a de fortes chances qu’elle reprenne les préconisations du groupe de travail sur l’ESS qui s’est réuni autour de la sénatrice Marie-Noëlle Lienemann. Sans vouloir réduire l’autogestion à « économie sociale et solidaire », il va de soi que cette loi aura une incidence, positive ou négative, sur l’avancée de l’autogestion dans notre pays. Le périmètre de l’économie sociale et solidaire correspond à celui des coopératives, mutuelles, associations et fondations. Ce qui caractérise cet ensemble est que l’initiative économique n’est plus déterminée par la valorisation du capital : c’est la volonté d’individus de répondre à un besoin social qui justifie l’activité. S’il s’agit donc d’une rupture fondamentale avec le règne du capital, l’ESS n’est pas non plus l’autogestion, loin de là. Le statut n’est pas neutre Ces derniers temps, une offensive de plus en plus forte s’est faite sentir pour intégrer dans le champ de l’ESS des entreprises de capitaux qui auraient un rôle social ou écologique : l’important ne serait pas la forme juridique de l’entreprise mais son activité. C’est dans cet esprit qu’une des propositions du groupe de travail initié par Marie-Noëlle Lienemann était la création d’un label ESS pour ce type d’entreprises. Pour nous, comme pour le mouvement coopératif,...

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Janvier : 2013, initiatives collectives ou mythe de l’entrepreneur individuel ?

Deux tendances contradictoires ont marqué l’année écoulée. D’un côté, une volonté nouvelle des salariés de prendre en main leurs affaires en se débarrassant du patronat afin de conserver leurs emplois, de l’autre, un refus très médiatisé d’une fiscalité redistributrice sous couvert de préserver l’initiative individuelle. Comme nous l’avons dit maintes fois sur ce site, l’année 2012 a été une véritable rupture en termes de tentatives de reprises d’entreprises. L’année s’ouvrait avec SeaFrance et ses 880 salariés qui refusaient la liquidation de leur entreprise entérinée par Sarkozy au profit d’une reprise en SCOP. Leur projet a vu le jour en août 2012, dans une version, certes plus réduite, avec MyFerryLink.com. Bon vent à cette nouvelle compagnie ! Toujours dans le Nord, des anciens salariés du journal d’annonce Paru Vendu du groupe Hersant mis en liquidation reprennent leur activité sous forme de la SCOP Inter 59 dans un projet de complémentarité papier-Internet absolument innovant. C’est aussi l’année où une autre imprimerie, Helio Corbeil, repart sous forme de SCOP dans l’Essone. En fin d’année, la petite société de haute technologie SET située en Haute-Savoie, échappe à un rachat par un groupe américano-singapourien (Kulicke & Soffa) et se transforme en SCOP par la volonté majoritaire de ses salariés. Même chose pour Fontanille en Haute-Loire ou les Atelières, SCIC créée par des ex-Lejaby. Dans le même temps, les salariés des glaces Pilpa à Carcassonne ont...

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Décembre : Nationalisation et autogestion

Il fallait être sourd pour ne pas entendre les revendications des salariés d’Arcelor de la semaine dernière quand ils disaient : « on n’a pas besoin de Mittal pour produire de l’acier » en réponse à la « proclamation » de la volonté de nationaliser le groupe sidérurgique. La proposition de nationalisation a provoqué une onde de choc. Le Medef est monté au créneau et a crié au « scandale », relayé par une armée d’économistes qui venaient sanctifier ce « cours de morale » des patrons : « Ils ne sauront pas faire, la conjoncture est mauvaise, il n’y a pas de structure commerciale, l’État est un mauvais producteur, la nationalisation c’est dépassé, etc… ». Tous ces savants et économistes manquent de mémoire : lors de la crise de 2008, qui n’est toujours pas réglée, l’État a garanti les banques qui savaient faire mais qui … s’approchaient dangereusement de la faillite. En vérité leur leçon est simple : l’État doit garantir la vie des entreprises mais pas celles des salariés ! Et dans le monde d’aujourd’hui garantir les entreprises c’est garantir les puissances financières qui peuvent pomper la plus-value par toutes sortes de méthode. Le désastre de Florange était inscrit depuis août 2006, au lendemain du succès de l’OPA hostile de Mittal sur Arcelor. La sidérurgie lorraine paie aujourd’hui le prix de l’échec d’un modèle financier mis en place lors de cette attaque boursière. Lakshmi Mittal, financier de haut vol, en est le...

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Octobre : Le compromis social contre l’autogestion

Le gouvernement vient de presser les « partenaires sociaux » de se mettre d’accord avant la fin de l’année 2012 sur une complémentarité flexibilité et sécurité qu’il juge non antagoniste. « Entre déréglementation et surréglementation, il y a une voie : celle du dialogue social » précise l’introduction du document d’orientation. Ce document trace les pistes d’une flexisécurité à la française : plus de souplesse dans la gestion des CDI mais une lutte accrue contre les CDD, sécuriser juridiquement les licenciements économiques pour les entreprises mais décourager les licenciements boursiers. Michel Sapin appelait vendredi les partenaires sociaux à « de l’audace » pour parvenir à du « gagnant-gagnant ». Cet hiver, Nicolas Sarkozy avait invité les « partenaires sociaux » à négocier sur des accords compétitivité-emploi. En clair, il s’agit de permettre à une entreprise de moduler les horaires et de baisser le salaire sans avoir à demander l’accord du salarié, ce qui revient à remettre en cause le contrat de travail. Bien que la CGT et FO refusaient à ce jour ce type de négociation, l’actuel gouvernement demande aux partenaires sociaux de finaliser ces discussions, entérinant de fait la ligne impulsée par Sarkozy. Par ailleurs, loin d’interdire les licenciements ou de rétablir l’autorisation administrative de licenciement, le gouvernement estime que les procédures actuelles « n’évitent pas des contournements et génèrent de fortes incertitudes sur les délais et la sécurité juridiques des procédures, dommageables tant pour les salariés que pour les...

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Prochain évènement

21 Mai 68

Extension de la grève dans la métallurgie, les arsenaux, à la Banque de France et les grands magasins. Le PSU appelle à la création de comités d’action ouvriers-étudiants. Le PCF appelle à la constitution de comités d’action pour un gouvernement populaire et démocratique. Dernière soirée de programmes normaux à la télévision.

Dialogue imaginaire (suite) : « Quant à l’ensemble et à sa gestion, les techniques nouvelles peuvent intervenir. Automatisation à la base dans les forces productives – utilisation des moyens électroniques (computeurs et calculatrices) pour fournir à une gestion décentralisée les informations ascendantes et descendantes, ces nouvelles techniques fondent des possibilités nouvelles. »

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