autogestionLe document que nous publions ici 1 est paru pour la première fois en français en novembre 1975 dans le numéro 32 de la revue Autogestion. Traduit par Jacqueline Pluet et Olivier Corpet qui avaient coordonné ce numéro, il s’insérait dans un ensemble dont le sommaire mérite d’être rappelé : Jaroslav Vanek, « Où en est l’autogestion aux États-Unis ? » ; G. George Benello, « Les perspectives du contrôle ouvrier aux États-Unis » ; Katrina V. Berman, « Les coopératives ouvrières dans l’industrie du contreplaqué » ; Ken Meter, « Le garage de la communauté de Southside : un progrès vers l’autogestion » ; Rodoslav Selucky, « L’autogestion généralisée : quelques points de discussion » ; Jean-Pierre Deslauriers, « Deuxième conférence internationale sur l’autogestion (États-Unis) ».

Il ne s’agit pas dans ce court chapeau de discuter des propositions avancées dans cet article et des limites que l’on peut immédiatement y entrevoir. Il s’agit tout simplement de mettre au jour une contribution, vieille de quarante ans, qu’une équipe issue d’une prestigieuse université américaine avait élaborée dans le cadre de deux conférences sur l’autogestion. C’est dire qu’en ce temps, crise du leadership américain, crise morale après la défaite au Vietnam, montée du nationalisme radical afro-américain et d’autres facteurs se conjuguaient pour que l’autogestion vienne questionner le capitalisme américain. Notons aussi au passage, signe de ces temps, que deux des auteurs américains publiés par Autogestion sont d’origine tchèque et qu’ils avaient été largement influencés par l’expérience yougoslave et par le printemps de Prague (Rodoslav Selucky, par exemple, avait participé à l’élaboration des réformes démocratiques du gouvernement Dubcek qui avait débouché sur le printemps tchécoslovaques).

Dans leur avant-propos, Jacqueline Pluet et Olivier Corpet rappelaient opportunément que les États-Unis, bien avant d’être le « paradis du capitalisme », avaient été tout à la fois terre des utopies concrètes (par exemple, New Harmony fondée en 1825 par Robert Owen), terre d’un mouvement ouvrier un temps aussi radical que puissant et terre des mouvements communautaires auto-organisés.

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Notes:

  1. NdT : L’original de cet article a paru en anglais dans le numéo 1 de la revue Administration and Society en mai 1975, sous le titre « Towards a fully self-managed industrial sector in the United States ». Ce texte est tiré d’une étude plus vaste sur le même sujet, préparée pour la première conférence sur l’autogestion (qui s’est déroulée au MIT, Cambridge Mass., les 12 et 13 janvier 1974) par les membres du séminaire sur l’autogestion de l’université de Cornell. Les auteurs sont: Tom Bayard, David Elam, Cornell Fanning, Sander Kelman, Dennis Mueller, Richard Schramm, Jaroslav Vanek et William F. Whyte.